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Pourquoi l’instabilité du manteau neigeux parait plus importante que les autres hivers ?
Un peu de rétrospective sur l’hiver 2016 – 2017.

 

Quel bilan avalancheux dresser de cet hiver ? Vous êtes probablement au courant que le milieu de saison à été marqué par des accidents qui ont largement alimenté les discussions autour de la pratique des activités hors piste.

D’ailleurs, pour mieux comprendre cette réglementation, lisez l’article de Skipass à ce sujet.

COMPRENDRE

Pour mieux comprendre, regardez l’expérimentation de Henri Faup, guide de haute montagne et géographe à l’école Evolution2 de La Clusaz. Une première période de neige (qui tient au sol), suivie d’une période de temps clair qui perdure, a favorisé l’apparition d’une neige anguleuse peu cohésive par effet de fort gradient. Les conséquences, une couche instable qui perdure.

REGARDEZ LA VIDEO

L’instabilité flagrante du manteau neigeux, mise en évidence par les déclenchements artificiels (PIDA) des pisteurs de La Clusaz il y a quelques semaines, méritait que l’on s’y intéresse.

Altitude : environs 2 400m
Orientation : principale nord
Cassure : parfois > 1.70m

 

Différentes couches fragiles sont enfouis au sein du manteau neigeux: face plane, gobelets, grésil (neige roulée) se succèdent et se retrouvent enfouis à des niveaux plus ou moins profonds. Ces couches persistantes peuvent être sollicités et réactivées tout au long de l’hiver.

Ici, les plaques à vent mobilisées par les tirs des pisteurs ont très probablement provoqué l’effondrement de couches plus anciennes et plus profondes, d’où les départs en cascade et une structure en escaliers.

La combinaison de ces instabilités d’origines diverses a donné lieu à des départs de plaques très vastes et parfois très épaisses.

D’ailleurs, au sein de ce même système de plaque, nous avons trouvé des structures de neige bien différentes. C’est l’occasion de montrer que le manteau neigeux que l’on analyse, risque bien d’être différent de celui que l’on va skier, pourtant si proche.

UN HIVER 2016 – 2017 ATYPIQUE

Insistons sur le fait que cet hiver reste atypique. Il se caractérise par :

  • Une forte activité avalancheuse alors que l’hiver est resté très peu enneigé (Fort déficit neigeux).
  • Une importante présence de couches fragiles persistantes et temporaires en divers niveaux du manteau neigeux.
  • Des phénomènes météo récurrents d’origines diverses ayant favorisé de ces couches fragiles tout au long de l’hiver. De longues périodes de temps clairs : gobelets/face plane, vent fréquent (plaques à vent), et cas atypique du grésil comme sur la vidéo.

 

Cet hiver mérite toute notre vigilance, nous savons que ces instabilités sont persistantes et risquent de faire parler d’elles lors des prochains hivers.

Avant la prochaine saison, n’hésitez pas à venir vous faire former au sein de l’une de 30 écoles de ski Evolution2.

En montagne, le jeu change chaque hiver. Chacune des expérimentations n’est en aucun cas une généralité.

Réagissez, prenez conscience, parlez-en ! Comme les requins à Hawaii, les avalanches en montagne sont les choses qui nous rappellent que la Terre était là avant nous.

Tachons d’être attentif. Bon ride !

SOURCE :
Henri Faup
Guide de haute montagne – géographe
EVOLUTION2 La Clusaz